Présidente d'honneur 2019

Gabrielle Dumont   Gabrielle dumont 2019 br

CV et démarche artistique

Pour moi, le processus créatif est un processus naturel qui survient dans l’improvisation et sans contraintes. L’atelier libre s’est donc imposé dès mes débuts comme le lieu privilégié où je peux exister totalement et surtout où je peux m’imposer une vraie discipline de travail comme artiste.Après l’obtention de mon diplôme d’études collégiales en arts plastiques du Cégep de Sainte-Foy, j’ai décidé de poursuivre mon cheminement de façon autodidacte. La peinture a toujours été le moyen d’exprimer les émotions que je ressentais.

Je peins en solo depuis maintenant plus de 25 ans, toujours guidée par ma seule intuition. Mon médium est la peinture à l’encaustique qui est une peinture à la cire. Dans cette technique, les pigments de couleurs sont délayés dans la cire d’abeille fondue. Chaque couche appliquée, doit être fusionnée par la chaleur. J’évite d’anticiper un résultat, je m’abandonne dans une forme de méditation sur le trait spontané qui résonne sur la toile. Les couleurs se composent dans un geste introspectif qui vient donner toute l’intensité à mon émotion du moment. Puis la texture s’ajoute, couche par couche, pour créer un mouvement cohérent qui finit bientôt par révéler la nature des choses.

Et c’est toujours des êtres humains qui prennent vie et me surprennent dans le bruissement des coups de pinceaux sur la toile. Immanquablement des formes d’êtres humains surgissent. Sûrement parce que les êtres humains me fascinent et me touchent par leur intensité, leur complexité, leur fragilité, leur force. Ces choses invisibles qui déterminent les êtres en silence, leurs états d’âme subtils, c’est ce qui m’interpelle et habite mon imaginaire. Et c’est ce que je tente de transposer sur la toile.

Je ne ressens aucun jugement au moment où je peins mais une émotion puissante et authentique à fleur de peau. Je crois que ma peinture exprime une forme de recueillement ou alors une sorte d’appel qui invite le spectateur à se perdre dans le tableau et à y trouver un sens qui lui est propre. On dit que mes personnages sont sereins. Il n’est pas rare que les gens ayant acquis mes oeuvres me disent qu’ils y découvrent sans cesse des éléments nouveaux à force d’observation. Ou alors qu’il y a du vent dans mes toiles, comme l’esquisse d’un mouvement qui porte l’esprit à se fixer et à se reposer.

Je crois que ma façon d’appliquer la couleur, de la modeler presque, en jouant avec les reliefs, en creusant la matière jusqu’à la toile ou en superposant d’autres couches, fait apparaître des traits dominants qui rehaussent ou alors donnent de la profondeur aux formes originelles.  L’ajout de feuilles d’or n’est pas qu’un effet décoratif mais bien une mise en lumière du sujet, une façon de créer des zones attractives qui viennent renforcer l’aspect parfois flou ou plus brut de mes textures.

Pour moi, peindre est un dialogue intérieur. Et ce qui me surprend toujours quand je vais à la rencontre des gens, c’est l’intensité et la sensibilité avec laquelle ils reçoivent mon expression. Eux aussi je crois, y retrouvent une forme d’apaisement, de recueillement. Au-delà d’une certaine quête esthétique, quand je constate que ma peinture touche au coeur, ma démarche artistique prend tout son sens.